Ceux qui me connaissent le savent bien, j'aime faire la fête, j'aime la vie.

Oui, j'aime faire la fête, j'aime m'amuser et rire, et il en a toujours été ainsi. A l'école déjà, j'étais le pitre de la classe, malgré mes bons résultats (je rajoute ceci pour éviter de passer pour une teubé), et j'étais déjà différente des autres filles. Bon disons-le, j'étais un véritable garçon-manqué, je portais des Nike et des jogging, je jouais au foot à la récré, et je faisais du judo. En fait, j'avais tout du petit garçon, sauf que mes cheveux étaient longs (tirés en queue de cheval), ce qui à l'époque n'était pas encore en vogue pour les garçons (ouais on écoutait les spice girls, pas les BB Brunes).

Mais je m'égare.

Ce que je veux dire, c'est que j'étais différente des autres filles de mon âge, pas forcément en bien d'ailleurs, je ne revendique pas cette différence, même si je l'assume. Mais déjà, je me sentais balancer entre les deux groupes: les filles et les garçons. J'avais des copines filles, quelques-unes et fidèles, et j'avais aussi beaucoup de copains avec lesquels je jouais aux pogg's, au foot, à la bagarre, au loup, au crachage sur les autres et tant d'autres jeux largement plus distrayants que ceux des filles. Au final, je m'amusais plus avec les mecs, et surtout je me prenais moins la tête qu'avec mes copines coincées du cul qui n'aimaient pas le sport, à part l'élastique et la marelle.

En fait, je crois que c'est ça qui me rapprochait des garçons tout en m'éloignant des filles: mon attrait pour le sport. Aussi, vers l'âge de 15 ou 16 ans, j'ai pris conscience que je devais abondonner le style garçon-manqué et me tourner vers une apparence plus féminine si je voulais devenir une vraie jeune fille et me trouver un chéri qui ne me verrait pas uniquement comme son pote. J'ai donc copié ma soeur et mes copines (car j'en ai toujours eut), suivit les conseils de ma mère, et la transformation eut lieu, je devenais féminine (et ma foi plutôt bonne: merci le judo), mais dans ma tête je restais la même: un garçon-manqué. J'avais donc beaucoup de copains masculins avec lesquels le feeling passait naturellement et sans mal-entendus, je faisais partie de leur bande de potes et était identifiée comme tel. J'avais aussi, au collège, une bande de 5 copines inséparables avec lesquelles je bavais sans pitié sur les autres élèves de notre classe, en particulier sur les filles. On était un peu les marginales respectées de la classe, et on aimait ça.

Au jour d'aujourd'hui, et depuis mon emménagement à Dijon, j'ai perdu le contact avec la totalité de ces amis qui ont partagé mon adolescence et pour certains mon enfance. Depuis, je me suis refait d'autres amis, tout aussi sympa et amusants que les précédents, au lycée, à la fac, au travail, au basket. Encore une fois, je ne compte que peu de copines et pas mal de copains. En effet, avec le temps qui passe, je continues à entretenir de bonnes relations avec les garçons, et de plus difficiles avec les filles et je commence à prendre cela comme une fatalité, car je pense sincèrement qu'il en sera toujours ainsi.

C'est l'histoire de ma vie depuis le collège, sans même me connaître, les filles ne m'aiment pas, elles jalousent ma proximité avec les garçons, et pour finir, me font une réputation sur mesure afin d'apaiser leur ego. Malgré que je ne comprenne pas ces attitudes purement féminines, j'essaie de me faire une raison, de faire autrement les choses, d'être plus conforme à ce que l'on attend d'une fille, de rester à ma place de fille, de faire comme tout le monde, sauf qu'au bout d'un moment, j'en ai marrre de jouer un rôle pour les "qu'en dira-t'on", de me sentir "gênée" d'être celle que je suis.

Alors oui, j'aime le sport, le foot à la télé, je joue à la xbox, je bois de la bière, je me bourre la gueule en soirée, je parle de cul, je dis des gros mots, et oui je m'habille sexy, je mets des tâlons, je me maquille et me parfume, je porte des bijoux, je me lisse les cheveux, et puis quoi? C'est incompatible? C'est mal?

Coup de gueule, OUI.

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