illustr_titeuf

Etre pionne dans un lycée professionnel, ça permet quand même une sacrée proximité avec les élèves. Le simple rôle de surveillante se transforme rapidement en celui de nounou, de copine, de psychologue, de conseillère (matrimoniale des fois), d'infirmière et d'encore tout un tas de costumes dans lesquels il faut savoir se glisser afin de répondre aux attentes de chacun des élèves dont nous avons, malgré tout, la responsabilité.

Et quand je dis "répondre aux attentes", j'entends aussi "répondre aux questions".

C'est là que le bas blesse.

En bientôt 3 ans d'ancienneté (genre) dans le même lycée, j'ai été sollicitée de nombreuses fois par mes élèves (souvent les plus jeunes mais pas que) afin de répondre à des interrogations tantôt biscornues, tantôt carrément ahurrissantes (et le mot est juste) sur des sujets personnels dont celui de la sexualité. Vous me direz, quoi de plus normal pour des adolescents que de se poser des questions à ce propos, et j'en conviens parfaitement, tout le monde ne peut pas être autodidacte comme moi... (quoi?).

24102008_jeunes_sexualite

Cependant, certaines questions, dont voici un best of, m'ont quelque peu scotchée (et j'avoue certaines m'ont fait rire):

  • "Si mon copain il m'éjacule sur le ventre, j'peux tomber enceinte?"
  • "Et si j'lui fait une fellation, enfin tu vois, quand j'le suce quoi, si j'avale, le sperme il va dans l'utérus ou pas?"
  • "On est toujours pucelle quand on se fait enculer par un mec?"
  • "Avec machin on avait fait un pari et j'ai perdu alors j'ai du lui faire une pipe, c'est grave?"
  • "C'est les salopes qui avalent, moi je suce c'est tout."
  • "Mon père veut que je sois vierge jusqu'au mariage, alors j'me fait juste enculer" (famille rebeu).
  • "Je partage ma plaquette de pilulles avec X, on fait un jour sur deux, ça marche quand même?"
  • "On a le droit de se faire avorter combien de fois par an?"
  • "On peut attrapper le sida dans une partouse?"

Voici quasi texto ce que j'ai pu entendre de la bouche de plusieurs jeunes filles de 14 à16 ans, certainement informées mais nullement soucieuses des risques qu'elles encourent. Pourtant nous avons fait intervenir l'infirmière scolaire dans leur classe, afin de les prévenir des nombreux risques liés à la sexualité, mais c'est à croire qu'elles (et ils) s'en contre-fichent. Sans parler du respect de soi qui est...inexistant. Je veux pas faire ma prude (vous me connaissez), m'enfin c'est chaud là quand même...

A-hu-ri-ssant, n'est-il point?