Quand je me regarde dans le miroir de l'armoire de ma chambre, je n'ai de cesse de me scrutter sous toutes mes coutures, histoire de voir si le matos est toujours en état de marche où si ma côte argus est en train d'en prendre un coup. Ces jours-ci, force est de constater que l'état général de la machine tend à décliner. Le ventre s'arrondie (mais pourtant y'a pas de bébé dedans), les cuisses deviennent dodues, les fesses font bloum-bloum et le jean serre un peu plus qu'à l'accoutumée. Bon, y'a aussi la balance qui indique quelques kilos supplémentaires, c'est vrai. Mais l'impression globale que le reflet du miroir me procure reste très frustrante: je deviens une grosse maman, sans le bébé. Et ça, c'est horrible et inconcevable. Horriblement inconcevable même.

Depuis toute jeunette, alors que je pratiquais assidûement le judo puis par la suite le basket, je ne m'étais jamais vraiment soucié de mon poids ni de mon aspect corporel. Faut dire que j'étais plutôt garçon manqué. Je me souviens aussi très bien l'insouciance toute particulière que j'avais face à la nourriture, tellement je pouvais engloutir de saloperies sans prendre un gramme.

Mais il apparait clairement que ce chapitre de ma vie est clos, et qu'il faut à présent me rendre à l'évidence: je suis en pleine décôte Argus. Mon corps a atteint son pic de jeunesse et à présent il décroit et s'enfonce dans les bas fonds hormonaux et graisseux engendrés par la pillule, la malbouffe et l'enkylosement général. Bref, je suis sur la mauvaise pente.

Jvous schématise tout ça?

Allez.

declin