Quand je vais quelque part, en société disons, et que je suis en immersion totale avec les gens de notre monde, ou juste de notre région, j'ai la fâcheuse tendance à examiner les moindres comportements de ces personnes qui partagent mon oxygène. C'est une habitude que j'ai depuis assez jeune, qui avant me procurait un certain plaisir parce que j'aimais à constater les différences mais surtout les ressemblances comportementales de nous les humains (enfin je me mettais rarement dans le même sac qu'eux), mais aujourd'hui, j'ai calmé cette manie observatrice car j'en tire toujours le même bilan: les gens sont des beaufs.
Cependant, il semble que cette habitude acquise au plus jeune âge soit ancrée en moi et me suive partout où je vais. En effet, elle s'exerce à présent contre ma volonté, sans me demander mon avis.

C'est hier soir, en me rendant au très populaire spectacle artificiel d'une petite bourgade proche de la mienne, que j'ai pris conscience de ce phénomène incontrôlable qui sévit en moi. C'est un fait, les gens m'énervent.

Tout se déroulait tout à fait normalement jusqu'à ce que le dernier pétard de la ville  n'éclate en plein ciel pluvieux. Bon, je passe outre les petites irritations provoquées par ces gens qui se collent à la barrière pour être aux premières loges et donc voir mieux, (ça tombe sous le sens), les papas et les vieux messieurs à moitié pleins qui se baladent bières pression en main et ventre apparent ou qui se tannent dans l'herbe pendant que leurs grosses (comme ils les appellent) s'occupent des mômes qui balancent des pétards à tout-va, ou bien les jeunes beaufs qui ont sorti leur super T-shirt RG512 pour l'occasion. Comme je disais, je passe outre, exceptionnellement.

J'avais donc tenu le coup toute la soirée, jusqu'à ce que nous dûmes repartir en direction de notre voiture, et que pour se faire, il nous fallut emprunter un pont suspendu pas très large. Idée par très originale apparemment, au vue de la bonne centaine de personnes embouteillées et piétinant à l'entrée du pont en question. Nous prenons donc notre mal en patience et attendons notre tour, puisque des messieurs de la police municipale étaient là à faire avancer les gens petit à petit pour éviter les éventuelles bousculades. J'étais donc collée à une petite dame devant moi, à ma gauche une poussette, derrière moi moults gens préssés d'avancer, et c'est là que les gens ont commencés à m'énerver. A peine avaient-ils vus les fameux policiers que les blagues vaseuses et diverses insultes commencèrent à fuser. Je ne les retranscrirais pas ici tellement ça volait bas et était ridicule. J'ai juste envie de dire que les gens sont irrespectueux et simplement bêtes, et que le phénomène s'amplifie lamentablement lorqu'ils sont en groupe. Franchement, cela faisait peine à voir, je me sentais presque honteuse de me trouver confondue dans cette masse de niaiserie populaire et de beaufferie générale où se mélangeaient débilité assumée et esclaffades non-retenues.

Dans quel monde on vit les amis...?