J'aime bien regarder les gens.
Regarder les choses qu'ils font, ce qu'ils disent.



Depuis toute petite, ça a toujours été comme ça. Dans les salles d'attente, à la caisse des supermarchés, au travail, nombreux sont les lieux ou je peux aiguiser mon sens de l'observation. En fait, ce sont les comportements que je scrute, que j'analyse (enfin j'essaie). Plus jeune, je ne me rendais sûrement pas compte du degré de bizarrerie des gens, quoi que j'ai toujours eu l'oeil, sale môme. Mais maintenant, je m'amuse à les regarder, des fois même je les snobe, ces gens-là, me disant que, heureusement pour moi, je ne leur ressemble pas. Tout du moins, j'ai assez de recul pour ne pas adopter tous ces comportements pathétiques.

Vous voulez un exemple? D'accord.



Jeudi dernier, je vais faire quelques courses à Cas*no. Je me dépêche, comme d'habitude, car le temps m'est toujours compté, à moi. (Il me faudrait des journées de bien 34h). J'ai fais ma liste, alors j'avance, du PQ jusqu'aux yaourts, comme d'habitude.

C'est alors qu'une petite dame arrondie et à la langue fourchue entre dans mon champ de vision: ma voisine d'en face que je ne supporte pas et réciproquement. Après une courte bataille de regards et pas un mot, je passe mon chemin, quelle conne celle-là.

Arrivée en caisse, je ne peux que constater que faire ses courses un jeudi n'est pas un bon plan, en tous cas ici. Deux caissières pour une bonne quinzaine de clients surchargés, pas mal. Je prends mon mal en patience et me met à la fin d'une file interminable. Par hasard, je suis derrière cette satanée voisine, mais peu importe, je me ronge les ongles pour passer le temps, donc tout va bien.

Et là, c'est le moment ou je pose un regard behavioriste sur les gens qui m'entourent. Ils sont là, tous, en train d'attendre, les bras en croix (croisés quoi!), et ça soupire ça soupire, chacun dans son coin, presqu'en silence. Enfin, jusqu'à.... ce qu'un autre protagoniste entre en jeu : le grognon-grande-gueule, comme je l'appelle.

Oui, c'est celui qui lance à voix haute "C'est quand même pas normal cette attente!", et là, ça ne loupe pas, toutes ces commères autour de moi se mettent à jaquetter, alors même qu'elles ne se connaissent pas, elles entrent dans une sorte de rebellion, se sentant unies par leur mini-destin commun: l'attente à la caisse.

Même ma voisine, elle se retourne vers moi, et me dis "C'est pas normal, hein?" et moi, de lui répondre "Bonjour!" [connasse].

Pathétique j'vous dis.

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